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Fin des années 1980, le petit roadster populaire a presque disparu. Mazda le ressuscite avec la MX-5 NA : son histoire, ses moteurs et ce qu'il faut vérifier avant d'en acheter une.
22/10/2026
Harald
7 minutes de lecture
À la fin des années 1980, le petit roadster populaire à l'anglaise a presque disparu des catalogues. Les normes de sécurité et d'émissions ont eu raison de ses représentants, et les constructeurs n'y croient plus. Mazda fait le pari inverse : un deux-places léger, à moteur avant et propulsion, fiable et abordable. La MX-5 de première génération, dite NA, va lui donner raison bien au-delà de ses espérances. Retour sur une voiture devenue un youngtimer recherché, et sur ce qu'il faut savoir avant d'en acheter une.
L'histoire commence aux États-Unis. Journaliste au magazine Motor Trend, Bob Hall plaide dès le milieu des années 1970 auprès des dirigeants de Mazda pour un petit roadster dans l'esprit des sportives britanniques. Entré ensuite chez Mazda USA, à la planification produit, il obtient au début des années 1980 le lancement des études.
Les inspirations sont claires : les petits roadsters anglais des années 1960, et en particulier la Lotus Elan, dont on retrouve l'esprit dans les phares escamotables et la ligne simple. Bob Hall lui-même a rappelé que l'Elan n'était qu'une référence parmi d'autres. La philosophie retenue par Mazda tient en deux mots, Jinba Ittai : le cavalier et sa monture ne font qu'un. Tout est pensé pour la légèreté et le plaisir de conduite, plus que pour la puissance brute.
La MX-5 est dévoilée au salon de Chicago le 10 février 1989. Elle prend le nom de Miata en Amérique du Nord et d'Eunos Roadster au Japon, où elle est vendue sous la marque Eunos, et arrive en Europe dans la foulée sous le nom de MX-5. La recette tient en peu de lignes : moteur avant longitudinal, propulsion, boîte manuelle à cinq rapports (une automatique a aussi existé), moins d'une tonne à vide, capote en toile et phares escamotables. Le succès est immédiat, et la NA sera produite à 431 506 exemplaires jusqu'en 1997.
Au lancement, la MX-5 reçoit un 1,6 l à double arbre à cames en tête et 16 soupapes de 115 ch, le code moteur B6. Avec la phase 2 de 1994, un 1,8 l de 130 ch (code BP) fait son apparition. Il ne remplace pas tout : en Europe, un 1,6 l ramené à 90 ch cohabite avec lui en entrée de gamme. Pour identifier la vôtre, la lettre du code moteur figure dans le numéro de série ; notre page motorisations de la Mazda MX-5 NA explique comment le lire et donne les correspondances par période.
Ces moteurs sont réputés solides, à condition d'avoir été entretenus. Sur les premiers 1,6 l, un défaut est connu : le vilebrequin à nez court, dont la clavette de poulie peut s'user. Moteur au ralenti, la poulie de vilebrequin ne doit pas osciller ; au moindre doute, faites contrôler la voiture par un spécialiste.
La phase 2 ne se résume pas au 1,8 l. Pour répondre aux nouvelles normes de choc latéral, la caisse est nettement renforcée, avec une barre bien visible entre les tours de ceintures, derrière les sièges, et des renforts sur les berceaux avant et arrière. Selon les marchés, un différentiel autobloquant Torsen fait son apparition. La voiture y gagne en rigidité ce qu'elle perd un peu en légèreté : autour de 990 kg à vide, contre environ 980 kg pour les premières.
Laquelle choisir ? La phase 1 à moteur 1,6 l de 115 ch est la plus fidèle à l'idée d'origine : légère et vive dans les tours. La phase 2 à moteur 1,8 l offre plus de couple et une caisse plus rigide, appréciable sur route dégradée. La 1,6 l de 90 ch, plus rare, convient à une conduite tranquille. Dans tous les cas, l'état de la caisse doit primer sur la version : une phase 1 rouillée coûtera toujours plus cher qu'une phase 2 saine.
Les phares escamotables sont la signature de la NA : la génération suivante, la NB de 1998, passe à des phares fixes. Ils font partie du charme, mais leurs moteurs et leurs mécanismes demandent un peu d'attention avec l'âge.
La NA a aussi connu de nombreuses séries spéciales, surtout aux États-Unis. La première, la Special Edition de 1991, associe une teinte vert anglais (British Racing Green) à une sellerie en cuir beige, à environ 4 000 exemplaires. En 1995, la M Edition en rouge bordeaux (Merlot) est produite à 3 500 exemplaires. Si l'on vous présente une série limitée, demandez les documents qui l'attestent : teinte, équipements et numéro de série doivent concorder.

La mécanique est rarement le problème d'une NA. Son ennemie, c'est la rouille, et elle vient souvent de l'eau de la capote.
Un hard-top était proposé en option dès le lancement. Si la voiture en a un, c'est un vrai plus pour rouler l'hiver ; rangé à part, il se conserve mieux sur un chariot ou un support mural qu'à même le sol, où il se raye et se déforme.
Pour l'inspection, mettez la voiture sur un pont si possible. Regardez les bas de caisse de l'extérieur et de l'intérieur, soulevez la moquette côté passager et dans le coffre, ouvrez et fermez la capote pour juger de son état et de son étanchéité, et actionnez les phares escamotables plusieurs fois : les deux doivent monter et descendre ensemble, sans hésitation. Un essai doit enfin confirmer une boîte précise et un moteur qui monte franchement dans les tours.
Au-delà de ses chiffres, la NA a surtout prouvé qu'il existait encore une clientèle pour un petit cabriolet simple, léger et propulsion, des années après la disparition de modèles comme la MG B, la Triumph Spitfire ou le Fiat 124 Spider. Dans son sillage, plusieurs constructeurs européens sont revenus au roadster dans les années 1990. Mazda, lui, n'a jamais abandonné la recette : chaque génération de MX-5 est restée fidèle à la légèreté et à la propulsion de la première.
Une MX-5 NA saine, entretenue et à l'abri reste l'une des façons les plus simples et les plus abordables de goûter au roadster classique, avec une fiabilité que ses ancêtres anglaises n'ont jamais connue. Retrouvez toutes nos pièces pour Mazda MX-5 NA, et notre article sur la façon de bien hiverner sa voiture de collection pour la garder au sec pendant la mauvaise saison.


Harald
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