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Une 911 SC de 1982 achetée avec un kit 964, transformée en look 2.7 RS et remise à niveau côté trains roulants ; une Carrera 3.2 qui avale les kilomètres. Deux histoires de 911 type G, et ce qu'elles enseignent avant d'acheter.
22/10/2026
Harald
7 minutes de lecture
Entre 1973 et 1989, Porsche a produit 198 496 exemplaires de la 911 de deuxième génération, celle que les amateurs appellent « type G » ou « série G ». On la reconnaît à ses pare-chocs à soufflets, conçus pour encaisser sans dommage un choc à 8 km/h, comme l'exigeaient les nouvelles normes américaines. C'est aussi la 911 qui a fait entrer le modèle dans la vie de tous les jours, et celle que l'on croise le plus souvent dans les rassemblements de youngtimers.
Deux versions en forment le cœur. La 911 SC, vendue à partir de 1977 pour le millésime 1978, reprend les ailes élargies de l'ancienne Carrera (SC signifie d'ailleurs Super Carrera) et reçoit un six-cylindres à plat de 3.0 litres : 180 ch au lancement, 188 ch à partir de septembre 1979, puis 204 ch dès 1980. Pour le millésime 1984, elle cède la place à la 911 Carrera 3.2 : 3 164 cm³, une gestion électronique du moteur et 231 ch sans catalyseur. La boîte G50, plus agréable, arrive en 1986 pour le millésime 1987, jusqu'à la fin de la série en 1989. Pour l'histoire complète du modèle, lisez notre article sur la Porsche 911.
Voici l'histoire d'une SC transformée par un client, puis le regard d'un couple de propriétaires de Carrera 3.2, et ce que l'on peut en retenir avant d'acheter.
Erwan n'est fidèle à aucune marque. Il a connu Mecatechnic en restaurant une BMW Série 3 E30, et quand il a voulu simplifier son garage, il a choisi une 911 SC de 1982. Sur l'annonce, elle n'avait rien d'enviable : un kit carrosserie façon 964, 330 000 km affichés et presque aucun historique d'entretien.
Il est quand même allé la voir, et il a bien fait. Le kilométrage était une faute de frappe : la voiture n'avait « que » 230 000 km, avec un moteur refait à 120 000 km. Le propriétaire précédent avait déjà engagé de gros frais : peinture complète, sellerie, freins et embrayage. Restait du travail, avec des pneus craquelés et des trains roulants usés.
Surtout, cette SC n'était plus dans sa configuration d'origine. Son prix en tenait compte, et la modifier ne retirait pas une voiture de collection au patrimoine. Pour le projet qu'avait en tête Erwan, c'était la base idéale.
Le projet, c'est un backdate : redonner à une 911 type G l'allure des 911 d'avant 1974. Erwan a choisi la référence absolue, la Carrera RS 2.7 de 1973, produite à 1 580 exemplaires avec 210 ch. Avec l'aide d'un ami carrossier, la SC a perdu son kit 964 pour une silhouette de 2.7 RS, dans un bleu Gulf longtemps mis en balance avec un vert tilleul.
Les éléments de carrosserie remplacés sont en fibre. Avec des moquettes fines et des sièges baquets, la voiture descend à 1 050 kg. Sans un cheval de plus, elle est devenue vive et plaisante à mener.
Avant de penser au moteur, Erwan a remis à niveau tout ce qui fait tenir la route à une 911 : amortisseurs Bilstein B6, silentblocs neufs, géométrie complète et pesée aux roues pour équilibrer la voiture. Sur une auto de quarante ans, ce poste transforme le comportement bien plus que quelques chevaux supplémentaires. C'est aussi celui que l'on néglige le plus souvent à l'achat, parce qu'un train usé ne se voit pas sur une photo d'annonce.
Comme beaucoup de 911 qui ont connu des années de désamour, celle-ci cachait quelques surprises : une baie de pare-brise jamais traitée contre la corrosion, et une électricité à reprendre. Depuis le milieu des années 1970, Porsche fabrique la caisse et le plancher de la 911 en tôles galvanisées à chaud, ce qui protège bien les type G de la rouille. Mais une voiture réparée ou repeinte sans soin perd cette protection là où l'on a meulé, soudé ou mal préparé la tôle : la baie de pare-brise de cette SC en est l'exemple.
La plus sérieuse est arrivée plus tard. En descente de col, la pédale d'accélérateur est restée bloquée à fond. Erwan s'en est tiré avec de la carrosserie à refaire, et une voiture immobilisée un moment. Sur une 911, la commande d'accélérateur passe par une tringlerie qui court du pédalier au moteur arrière : ses articulations et son ressort de rappel méritent une vérification à chaque entretien, et sans attendre sur une voiture dont on ne connaît pas l'historique. Dernier chantier en vue pour lui : reconditionner la boîte de vitesses.

Un couple de passionnés qui sillonne la France en Carrera 3.2 depuis plusieurs années la décrit comme le parfait compromis entre le look, les performances, la fiabilité et le coût d'entretien. Leur voiture était arrivée avec quelques « évolutions » au goût douteux, corrigées peu à peu en changeant les pièces concernées, au point de l'engager en rallye.
Ce jugement rejoint celui de Porsche, qui présente le 3.2 litres comme presque indestructible avec un entretien régulier, des kilométrages bien au-delà de 300 000 km sans réfection moteur étant plutôt la règle que l'exception. C'est le meilleur argument de la 3.2 face à la SC. La boîte G50 des derniers millésimes en est un autre, pour qui veut rouler beaucoup.
Pour l'entretien, toutes les pièces sont classées sur notre page Porsche 911 et par moteur sur la page des motorisations 911.
Vous roulez en 911 SC ou en Carrera 3.2, d'origine ou transformée ? Racontez-nous son histoire. Nous ne publions un témoignage qu'avec l'accord écrit de son auteur, pour le texte comme pour les photos, et nous pouvons ne garder que votre prénom.


Harald
Le partage de la Passion, simplement.

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