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Développée en cachette contre l'avis de Volkswagen, l'Audi 100 a porté Audi vers le haut de gamme en quatre générations, avant de devenir l'A6 en 1994.
22/10/2026
Harald
7 minutes de lecture
Peu de modèles ont autant pesé dans l'histoire d'une marque. Sans l'Audi 100, Audi serait peut-être restée une division secondaire du groupe Volkswagen. Avec elle, la marque d'Ingolstadt s'installe en vingt-six ans et quatre générations sur le marché des grandes berlines, jusqu'à devenir le constructeur premium que l'on connaît. Et tout commence par une désobéissance.
Au milieu des années 1960, Auto Union, le constructeur d'Ingolstadt, passe sous le contrôle de Volkswagen. La direction du groupe y ordonne l'arrêt du développement de tout nouveau modèle.
Le directeur technique d'Auto Union, Ludwig Kraus, passe outre. Il fait développer en secret une berline de taille moyenne, plus grande et plus statutaire que ce qu'Ingolstadt produisait jusque-là. Le projet n'est présenté à la direction de Volkswagen qu'une fois la voiture presque prête. Elle séduit, et l'accord arrive après coup. Le succès commercial qui suit permet à Auto Union de garder une place à part au sein du groupe.
Le nom est simple : 100, pour les 100 ch de sa version LS.

L'Audi 100 est présentée fin 1968 sous la forme d'une berline quatre portes. Elle reçoit un quatre-cylindres de 1,8 litre, qui développe 100 ch dans la version LS. Une berline deux portes suit en octobre 1969.
La version la plus désirable aujourd'hui est le Coupé S, commercialisé à partir de 1970. Coupé deux portes à quatre places, il reçoit un 1,9 litre de 115 ch. Il n'a été produit qu'à environ 30 700 exemplaires, ce qui en fait une voiture rare et recherchée.
Au total, la première génération dépasse les 827 000 exemplaires. Pour une voiture qu'on ne voulait pas construire, c'est une revanche éclatante : l'Audi 100 installe Audi sur le segment des berlines familiales haut de gamme. La demande est telle que la production, d'abord lancée à Ingolstadt, s'étend aussi à l'usine de Neckarsulm, qui assemblera ensuite les C3 et C4.
La deuxième génération est présentée en août 1976. Plus moderne, elle se distingue surtout par une première : le cinq-cylindres en ligne essence. Audi le présente comme le premier moteur essence de ce type dans l'industrie automobile. Il cube 2 144 cm³, est alimenté par injection et développe 136 ch. Les premières livraisons de l'Audi 100 5E commencent en mars 1977.
Pourquoi cinq cylindres ? Audi l'a préféré à un six-cylindres en ligne, plus long et plus lourd, tout en gagnant en souplesse sur le quatre-cylindres : le bon compromis pour monter en gamme. Il devient une signature de la marque, déclinée en Diesel dès 1978 (2,0 litres, 70 ch) puis en turbo en 1979 sur l'Audi 200 5T (170 ch), la version de prestige dérivée de la 100.
Pour un propriétaire de C2, ce moteur conditionne l'essentiel des pièces : quatre ou cinq cylindres, essence ou Diesel, injection ou carburateur. Identifier la motorisation exacte est le premier réflexe avant toute commande.

La troisième génération, lancée en 1982, frappe les esprits par sa ligne lisse. Vitres affleurantes, formes arrondies : la version de base atteint un coefficient de traînée (Cx) de 0,30, un record pour une voiture de série à l'époque. Moins de résistance à l'air, c'est moins de consommation et moins de bruit, et Audi en fait un argument de vente.
La consécration arrive vite : l'Audi 100 est élue Voiture européenne de l'année 1983. C'est la seule fois que la 100 remporte ce titre (l'Audi 80 l'avait obtenu en 1973).
La C3 apporte d'autres avancées décisives :
La quatrième génération apparaît fin 1990. Elle inaugure le V6 de 2,8 litres, qui donne à la 100 la souplesse attendue sur ce segment. Les versions TDI et quattro restent au catalogue.
En 1994, Audi adopte une nouvelle nomenclature, avec un A suivi d'un chiffre, déjà appliquée à l'A4 et à l'A8. La C4 restylée est alors rebaptisée A6. Après vingt-six ans de carrière et quatre générations, le nom Audi 100 disparaît, mais la lignée continue : l'A6 actuelle en est la descendante directe.
Les codes C1 à C4 sont des désignations internes qui servent aujourd'hui à repérer les générations. Elles sont précieuses au moment de commander une pièce : une même appellation commerciale, « 100 » ou « 100 CS », recouvre des voitures très différentes selon la génération.
Chaque génération a son public. La C1, surtout en Coupé S, attire les amateurs de lignes classiques. La C2 cinq-cylindres reste une curiosité technique, encore méconnue. La C3 galvanisée et la C4 V6 sont des youngtimers robustes, faciles à vivre au quotidien.
Avant d'acheter, quelques points de vigilance communs aux berlines de cet âge :
Toutes les pièces disponibles se trouvent sur la page Audi 100, avec un accès par motorisation pour cibler votre moteur. Les autres modèles de la marque sont sur la page Audi. Et si votre Audi 100 passe l'hiver au garage, nos conseils pour bien hiverner sa voiture de collection vous aideront à la retrouver en forme au printemps.

Harald
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