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Porsche 356 C coupé bleu nuit vue de face en plongée, capot avant bombé, phares ronds et butoirs de pare-chocs chromés

Porsche 356 : de Gmünd à la 356 C

Avant la 911, il y a eu la 356 : née en 1948 dans un atelier autrichien, elle a fait de Porsche un constructeur. Voici son histoire, du roadster de Gmünd à la 356 C, et les repères pour reconnaître chaque génération.

22/10/2026

Harald

8 minutes de lecture

Toutes les Porsche descendent d'elle. Avant la 911, avant les victoires au Mans et les modèles de plus de 500 ch, il y a eu une petite voiture de sport au moteur arrière refroidi par air, conçue dans l'urgence de l'après-guerre avec des pièces de Coccinelle. La 356 a été produite pendant dix-sept ans, à environ 76 000 exemplaires, et a fait d'un bureau d'études un constructeur à part entière. Voici son histoire, de l'atelier autrichien de Gmünd à la dernière 356 C.

Gmünd, 1948 : la 356 « n° 1 »

À la fin de la guerre, le bureau d'études Porsche s'est replié à Gmünd, en Carinthie, dans le sud de l'Autriche. C'est là que Ferry Porsche, le fils de Ferdinand, fait construire la première voiture portant le nom de la famille. Le 356 « n° 1 » Roadster reçoit son autorisation de circuler le 8 juin 1948, une date que Porsche considère comme celle de la naissance de la marque.

Ce prototype ne ressemble pas tout à fait aux 356 de série. Son châssis est un treillis de tubes d'acier habillé d'une carrosserie en aluminium dessinée par Erwin Komenda, et son moteur est placé en avant de l'essieu arrière. La mécanique vient de Volkswagen : un quatre-cylindres à plat de 1 131 cm³, refroidi par air, poussé à 35 ch. Pour un roadster d'environ 600 kg, c'est assez pour atteindre 135 km/h. Exemplaire unique, la n° 1 est aujourd'hui conservée par le musée Porsche.

Des premières 356 en aluminium aux caisses Reutter

Pour la série, Porsche installe le moteur derrière l'essieu arrière, comme sur la Coccinelle : cela libère de la place pour deux petites places arrière et simplifie la fabrication. Les premières voitures, une cinquantaine environ, sont construites à la main à Gmünd, avec des carrosseries en aluminium. En 1950, Porsche revient à Stuttgart-Zuffenhausen et confie la fabrication de caisses en acier au carrossier Reutter.

Les premières 356 empruntent encore beaucoup à la Volkswagen : boîte de vitesses, freins, suspensions et direction. Porsche s'en affranchit peu à peu. Dès 1951, des moteurs de 1,3 puis 1,5 litre font leur apparition, nettement plus puissants que le 1,1 litre des débuts. La même année, une 356 allégée à carrosserie aluminium court aux 24 Heures du Mans dans la catégorie des 1 100 cm³.

La « pré-A » et son pare-brise en deux parties

Les 356 produites jusqu'en 1955 n'avaient pas de lettre. On les appelle aujourd'hui « pré-A » pour les distinguer des générations suivantes. Leur signe de reconnaissance le plus sûr est le pare-brise :

  • jusqu'en 1952, il est en deux parties, séparées par une barre centrale ;
  • à partir de 1952, il devient une glace unique pliée au centre, en léger V ;
  • la 356 A recevra ensuite un pare-brise d'une seule pièce, cette fois bombé.

Les pré-A ont été proposées en coupé et en cabriolet, avec des moteurs de 1,1, 1,3 et 1,5 litre, en versions normales et S. La 1500 S développe 70 ch.

America Roadster et Speedster : la 356 à l'américaine

Très tôt, les États-Unis deviennent un marché essentiel pour Porsche, grâce à son importateur new-yorkais Max Hoffman. En 1952, à la demande du marché américain, Porsche fait réaliser une toute petite série de roadsters à carrosserie en aluminium chez le carrossier Gläser : c'est l'America Roadster, équipé du 1500 S de 70 ch. Les sources ne s'accordent pas sur le nombre exact d'exemplaires, entre une quinzaine et une vingtaine, ce qui en fait l'une des 356 les plus rares.

Fin 1954, Hoffman obtient une version découverte dépouillée et moins chère, pensée pour les clients qui roulent le week-end et courent le dimanche : le Speedster. Pare-brise bas et incliné, capote minimaliste, vitres latérales amovibles : il devient l'une des 356 les plus emblématiques, et l'une des plus copiées.

356 A, B et C : dix ans d'évolution

La 356 A (fin 1955)

À la fin de 1955 apparaît la 356 A, avec son pare-brise bombé d'une seule pièce et une planche de bord rembourrée. La gamme compte cinq moteurs : 1300, 1300 S, 1600 de 60 ch, 1600 S de 75 ch, et une version à part, la Carrera.

La Carrera, une 356 A à moteur de course

La 1500 GS Carrera, nommée d'après la course Carrera Panamericana, reçoit le moteur conçu par Ernst Fuhrmann : un quatre-cylindres à quatre arbres à cames en tête, dérivé de la compétition, qui développe 100 ch dans sa première version. Une précision utile, car l'erreur est fréquente : la première Carrera de série est une 356 A, pas une pré-A. Les Carrera accompagneront la 356 jusqu'au bout, avec la Carrera 2 de 2 litres proposée sur les 356 B et C.

La 356 B (fin 1959)

La 356 B modernise la ligne : le pare-chocs avant est remonté d'une dizaine de centimètres et les phares sont placés plus haut, ce qui change le regard de la voiture. En 1962, la caisse évolue encore (on parle de T5 pour la première B, de T6 pour la seconde) : la T6 se reconnaît à ses deux grilles d'aération sur le capot moteur et à sa trappe de carburant extérieure sur l'aile avant droite. Karmann produit aussi un rare coupé à toit soudé, dit « hardtop » ou « notchback ».

La 356 C (1963-1965)

Lancée pour l'année modèle 1964, la 356 C ressemble beaucoup à la dernière B, mais elle reçoit des freins à disque sur les quatre roues, ce qui impose de nouvelles jantes et de nouveaux enjoliveurs. La version SC et son 1,6 litre de 95 ch sont le moteur à culbuteurs le plus puissant jamais monté dans une 356. La production s'arrête en 1965 : la 911 a pris le relais, épaulée par la 912 à moteur quatre-cylindres.

Identifier sa génération en un coup d'œil

  • Pare-brise en deux parties : pré-A jusqu'en 1952 ;
  • Pare-brise d'une pièce plié au centre : pré-A de 1952 à 1955 ;
  • Pare-brise bombé, phares et pare-chocs bas : 356 A ;
  • Pare-chocs avant et phares remontés : 356 B ;
  • Deux grilles sur le capot moteur, trappe à carburant sur l'aile : 356 B T6 ou 356 C ;
  • Freins à disque aux quatre roues : 356 C.

Ces repères donnent une première orientation, mais une 356 a souvent connu plusieurs restaurations. Le numéro de châssis et le type moteur restent les seules références fiables au moment de commander des pièces.

Entretenir une 356 aujourd'hui

Monocoque, la 356 est sensible à la corrosion, et une restauration de caisse peut vite devenir un chantier lourd : planchers, bas de caisse et longerons sont à examiner avant tout achat. Côté mécanique, le quatre-cylindres à culbuteurs est simple et attachant, mais il demande des réglages soignés de carburation et d'allumage.

La matrice de toutes les Porsche

Moteur arrière, refroidissement par air, carrosserie fluide et légèreté : tout ce qui fera la 911 est déjà dans la 356. Pour la suite de l'histoire, lisez notre article sur la Porsche 911, la sportive de référence, et pour ses racines mécaniques, celui consacré à la Volkswagen Coccinelle. Toutes les pièces sont réunies sur la page Porsche 356.

Porsche 356 C coupé bleu nuit vue de face en plongée, capot avant bombé, phares ronds et butoirs de pare-chocs chromés
Harald Adam

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