C’est en 1984 que Peugeot sort ses griffes et réagit enfin pour faire face à la Golf qui en est à sa deuxième génération de GTI.
Peugeot n’était pas en forme à la fin des années 70 et la
Peugeot 205
tarde à sortir de ses cartons ; le lion somnole et son ventre crie un peu famine. Autant dire que le « projet TI » de la 205 est attendu par les aficionados qui réclament une remplaçante à leur tant aimée mais sous-motorisée 104 ZS (80 cv).
La 205 GTI est polyvalente
, on fait tout avec, n’oublions pas que c’est avant tout une 205 ; on fait tout plus rapidement et avec la banane … c’est là qu’est la différence.
La 205 est devenue une voiture culte, sa version GTI est devenue un mythe ; une référence en matière de petite sportive, qui se place dans le sillon de la R8 Gordini, au panthéon de l’automobile sportive française.
Cette bombinette a un vrai châssis, bien pensé ; c’est le point fort des sportives de Peugeot.
Ses moteurs,
4 cylindres à 8 soupapes
, le 1600 (prononcer « 16-100 ») sorti en 105 cv puis en 115 cv et le bouillant 1900 (prononcer « 19-100 ») de 130 cv, la placent dans la course des sportives du « segment B ».
La 205 GTI 1600
Ou plutôt « les » 205 GTI 1.6L, à savoir la 105 puis la 115 cv. L’exemple a été donné par le loup de Wolfsburg (VW), le lion de Sochaux va suivre la recette et même l’améliorer.
On prend un bon moteur, ici le XU de la 305 en provenance de la
Française de Mécanique
, on le passe à l’injection (BOSCH L-Jetronic) on lui soupoudre quelques centaines de grammes de bourrins et on lui fait prendre 6 250 t/mn. Pour gérer tout ça, le train avant est revu : barre anti-roulis, triangles de suspension, disques ventilés à l’avant, amortisseurs et ressorts plus fermes ; un châssis abaissé et 4 jantes alu en 14’’, chaussées de
pneus en taille basse
complètent la panoplie.
Les 205 du haut du pavé ont une liste d’options qui vont pouvoir équiper la GTI et la rendre plus cosy. Verrouillage centralisé, vitres électriques, sièges sport, toit ouvrant de grande taille en verre et coulissant. En retour, la GTI passera son volant, ses sièges baquets, sa moquette rouge à plusieurs séries limitées très select
comme la 205 Roland-Garros, la 205 Indiana, la 205 Lacoste.
Le look n’est pas en reste ; protections de tour et de bas de caisse avec un liseré rouge, extensions d’ailes, badges GTI, sièges baquets en tissus, volant sport, pommeau à inscriptions rouges etc.
Pour faire face à la bouillonnante Supercing GT Turbo qui vient de sortir, Peugeot ajoute 10 poneys à son 1600 et égalise le score à 115 cv. La 5 est plus connotée « rallye » et la 2 sans 5 est plus « classe » plait beaucoup aux « jeunes cadres dynamiques ».
Le restylage de la GTI 115 se fait avec celui des autres 205, à l’année modèle 1988.
A l’intérieur : nouvelle planche de bord, commodos arrondis ; volant et contreportes se modernisent.
A l’extérieur : nouveaux rétros et becquet, clignotants blancs et feux arrière rouges et blancs ou fumés (1990 +), longue-portées à paraboles jaunes et glaces blanches.
La 205 GTI 1900
Elle arrive à point nommé pour contrer la Golf 2 et ses 139 cv en 16s (plus lourde). Avec la 1.9L (prononcer « Unlitneuf »), Peugeot s’affirme façon « c’est qui le patron ?! ».
La 205 GTI 1900 est saluée par la presse de l’époque
comme étant la plus homogène des GTI de son temps, face aux Kadett GSI 16s, Golf GTI 16s et R5 GT Turbo.
Son vaillant et coupleux moteur est issu de la 305 GTX ; il combine tempérament, souplesse et reprises, la 205 GTI devient plus onctueuse grâce à sa cylindrée et à son injection BOSCH L-Jetronic. Le 1900 est moins rageux que le 1600 mais se montre plus disponible à tous les régimes.
La 130 cv a une tenue de route « pointue » en virages
pris à vive allure : attention au décroché lors du « planté de bâton ». A pleine balle, la 1900 ne pardonne pas là où la 1600 était indulgente ; on ne lève pas le pied quand ça décroche … on soude pour que ça passe, sinon c’est le demi-tour assuré. Bon nombre de 1900 ont fini dans le décor.
Dernière évolution ou plutôt régression pour ce moteur 1900 : l’apparition du pot catalytique à l’année modèle 1993. Le cata, c’est la cata… la mort des p’tits ch’vaux. Les gens qui roulent en 205 GTI 1.9L parlent d’ailleurs de « la 130 » pour la (se) démarquer de la « 122 » catalysée. Mais rassurez-vous,
toutes les 205 GTI trouvent leur public.
Le cabriolet 205 CTI
Peugeot lance son cabriolet en 1986
, en deux versions, CT (80 cv) et CTI (115 cv) pour répondre au marché qui se tourne vers VW, Ford, Opel. Pour réaliser un cabrio (beau), on prend une 205 GTI 115 cv et on la décapsule ? C’est à peu près ça et c’est le carrossier italien Pininfarina qui s’en charge.
Si la 205 Cabriolet CTI garde le moteur et la robe de sa sœur la coupé GTI, elle n’en est pas sportive pour autant. Son châssis-coque manque de rigidité et son surpoids ne lui permet pas d’aborder les virages comme une 115 : elle se tortille.
La « GTI cabriolet » fait donc
le bonheur d’un public branché
par l’apparence et quelque peu bourgeois.
A côté des GTI …
La 205 Rallye
Une série Sport économique, pour permettre à bon nombre de jeunes talents de mettre un pied à l’étrier de la compétition, via le groupe N. La Rallye est une cousine de la Visa Chrono, de la Samba Rallye et de l’AX Sport dont elle reprend la base moteur (le TU24) ; elle sent bon la performance, la compétition et a du caractère.
Son vigoureux 1300 préparé par
DANIELSON
(non, ce n’est pas le fils de Daniel) est équipé de 2
Weber DCOE 40
« kicausent », il sort 103 cv à 6 800 tr/mn et bien cravaché, il fait la pige à la GTI 115.
Une 205 pour la course et pas chère mais pas faite pour la ville qu’elle n’apprécie guère ; elle est dépouillée de tout superflu pour n’afficher que 780 kg, ce qui lui confère une remarquable agilité, campée sur son train avant de GTI 115. La Rallye n’est sortie qu’en un seul coloris, le full blanc des pieds tôlés en 13’’, au toit.
Au premier abord, on se dit que, vu l’engin, ça doit-être une série limitée … que nenni : 30 111 exemplaires ont été produits sur 4 ans. La course en a tué beaucoup et comme les GTI, beaucoup ont été accidentées en campagne.
Trouver une belle Rallye d’origine, c’est tout un challenge.
La 205 Turbo 16
La T16 « de route » a été construite en 1984 à 200 exemplaires « de route » en vue de faire participer la 205 au championnat du monde des rallyes
en groupe B
.
Cette 205 hors normes, vouée à la compétition, posait les bases de la version groupe B. Pour équilibrer au mieux la voiture, son ensemble moteur-boîte est placé en position centrale arrière. Son châssis-coque, construit par le carrossier partenaire HEULIEZ, reçoit un ensemble boite et ponts à 4 roues motrices.
Son moteur 1.8L coiffé de 16 soupapes et gavé par un turbo, développe 200 cv (430 et 600 cv sur les versions course).
Elle est vendue plus chère qu’une
Porsche 911
, soit le prix de quatre 205 GTi de l’époque ! Ce collector né, malgré son prix prohibitif, trouve preneur sans problème vu son nombre limité et sa filiation à Peugeot Talbot Sport (PTS).
La 205 et la GTI au cœur du phénomène Youngtimer
S’il y a bien une auto française qui cartonne en « jeune vieille » (à ne pas confondre avec Geneviève), c’est bien la 205 qui continue à faire son numéro et particulièrement la GTI. Il en est de la 205 comme de la 2cv et de la 4L :
elle plait aux jeunes générations
en quête de petites madeleines (dixit Proust et non Prost), parce que, tout jeune-jeune ou jeune-vieux, a eu une 205 dans sa famille à un moment donné. C’est la voiture qu’on s’est passée d’une génération à l’autre et de jeune permis en jeune permis dans une fratrie.
Autre raison du succès de la 205 de nos jours : elle est simple, a des moteurs fiables, c’est une auto économique qui vieillit bien, les pièces se trouvent à bon prix et partout, tous les garagistes la connaissent sur le bout des doigts et ce n’est pas une voiture compliquée à entretenir soi-même. Sa grande diffusion fait d’elle une auto encore facile à dégoter, pour ce qui est des 205 basiques.
Quand on arrive sur les cabriolets,
les séries limitées très bien équipées
et les GTI … la nostalgie, ça a un coût ! Revers de la médaille, ces versions hors du temps sont aujourd’hui très recherchées, même si elles ont été bien diffusées à leur époque. La côte des 205 GTI a explosée avec
le phénomène Youngtimer
; les passionnés se les arrachent maintenant qu’ils sont à même de se les offrir. La 205 est une auto plaisir et c’est un bon investissement si vous la payez le juste prix.
Le saviez-vous ?
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Le projet 205 GTI portait le nom de code M24.
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La tonitruante 205 Turbo 16 a été dévoilée 1 jour avant l’ensemble de la gamme 205 ! Le monde à l’envers ? Non, un vrai coup marketing.
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La GTI 105 pouvait sembler manquer de Watt pour certains ; PTS a donc remédié à cela en proposant un kit 125 cv homologué, installé en concessions.
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Le « A » qui suit le nom du moteur signifie « Amélioré » : Moteur XU5J pour 105 cv, XU5JA pour 115 cv.
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Le moteur 1600 de la 205 GTI est issu de sa cousine, la BX 16 RS.
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Le train avant du cabriolet 205 CTI est celui de la 205 Diesel ; un compromis entre poids et confort.
Le succès de la 205 a dépassé toutes les prévisions de Peugeot ; il en fut de même pour ses versions GTI. Près de 295 000 de ces bombinettes ont été construites en 10 ans, elles ne sont donc pas rares. La 205 GTI est devenue
la GTI française la plus adulée qui soit
, c’est une icône dans la grande famille des Yountimers ; elle est très recherchée en bel état donc chère par rapport à sa diffusion.
Avec elle,
on s’offre un voyage dans le temps
; c’est une sorte de petite DE LOREAN sportive.
On aurait aimé voir une 205 GTI 16s …. Équipée du moteur de la 309 du même nom. Pourquoi n’est-elle pas sortie ?! Pour ne pas faire de l’ombre à sa grande sœur et/ou parce que Peugeot avait d’autres félins à fouetter à cette époque. Dommage, on en redemandait !