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Dix ans immobile au fond d'une maison, une 2CV6 retrouve la route en quelques semaines. Julien raconte la remise en route, puis le relookage d'une Deuche qui fait sourire tout le monde.
22/10/2026
Harald
6 minutes de lecture
Il y a des voitures qu'on achète sur un coup de tête, et d'autres qui reviennent vous chercher. Pour Julien, la 2CV appartient à la seconde catégorie. Sa toute première voiture, au moment du permis, était une 2CV4 de 1975 payée une poignée de francs. Il la détestait un peu : ses copains roulaient en GTI ou en GT Turbo, lui en Deuche. Seul avantage, et pas des moindres, elle passait partout, champs compris.
Revendue pour une Renault 4, puis oubliée au fil des voitures suivantes, la 2CV n'a jamais tout à fait quitté son esprit. Une amitié nouée avec un fondu de Deuche a fini de le convaincre : un jour, il en reprendrait une. Ce jour est arrivé en décembre 2018, au détour d'une visite chez un particulier. Comme souvent avec les anciennes, la voiture est venue à lui plutôt que l'inverse.
Dans un recoin de la maison dort une 2CV6, immobilisée depuis une dizaine d'années. Julien note les coordonnées du propriétaire, le rappelle et lui pose la seule question qui compte : est-elle à vendre, et à quel prix ? L'affaire se conclut à un prix à trois chiffres. Avec l'aide de son père, il ramène la voiture sur une remorque jusqu'à son garage.
La suite tient de la bonne surprise. Un nettoyage, les pneus regonflés, et le bicylindre accepte de repartir. Il faut ensuite deux à trois semaines de réglages pour que tout fonctionne correctement, puis la Deuche passe le contrôle technique sans difficulté. C'est une étape à ne pas brûler : une voiture qui sort d'un long remisage doit être contrôlée avant de reprendre la route, ne serait-ce que pour l'assurance.
L'expérience de Julien rappelle les vérifications de base avant de rouler avec une voiture qui a dormi longtemps :
Pour le stockage d'une ancienne, notre article Comment bien hiverner sa voiture de collection détaille les bons réflexes, qui évitent d'en arriver à une remise en route complète.
Une fois la voiture en règle, les idées arrivent. Julien s'appuie sur un spécialiste de la personnalisation de 2CV pour imaginer les modifications, et un ami lui trouve un jeu de jantes et d'ailes arrière larges. Les flancs blancs viennent de chez Mecatechnic : le kit de quatre flancs blancs extra larges pour roues de 15 pouces habille les jantes d'origine sans toucher aux pneus. La voiture est aussi abaissée.
Le gris d'origine finit par le lasser. Il réalise lui-même une peinture bicolore, soulignée d'un filet rouge. Une capote rouge, dénichée grâce à un groupe d'entraide entre passionnés, complète l'ensemble, avec des autocollants personnalisés.
L'histoire ne s'arrête pas là. Le mélange de jantes larges à l'arrière et de jantes d'origine à l'avant ne lui plaît pas, et il repasse tout en origine. Mais l'allure ramassée lui manque. Après six mois de recherche, il trouve près de chez lui un artisan capable d'élargir les jantes avant. La voiture retrouve alors un aspect homogène.

Jantes élargies, ailes larges et abaissement changent l'apparence d'une 2CV, mais aussi sa conformité. Une voiture doit rester dans les caractéristiques de sa carte grise pour passer le contrôle technique et rester assurée. Avant d'élargir des jantes ou de changer de pneus, renseignez-vous auprès d'un centre de contrôle technique et de votre assureur. Notre guide Comment bien choisir ses jantes explique les dimensions à respecter. L'histoire de Julien est un témoignage, pas une recette à reproduire sans vérification.
Pas question de transformer la Deuche en bombe. Julien a d'autres voitures pour les sensations, et il garde le bicylindre 602 cm³ de série. Il n'y apporte que deux retouches : un boîtier de filtre à air complet pour 2CV6 à moteur 602 et une sortie d'échappement plus directe, qui donne de la voix sans changer le caractère de la voiture.
Ce moteur est celui qui définit la 2CV6. Lancée en 1970 aux côtés de la 2CV4 et de son 435 cm³, la 2CV6 reçoit le 602 cm³, qui développe 29 ch DIN (33 ch SAE). C'est la version la plus puissante de la berline. La 2CV4 de 1975 de ses débuts appartenait donc à la petite cylindrée de la gamme, ce qui explique sans doute qu'elle peinait face aux GTI des copains.
À l'intérieur, Julien a tout repris : panneaux de portes, moquette et banquettes neufs. S'y ajoutent une foule de petits détails qui l'amusent et font sourire les gens qu'il croise. La Deuche se prête bien à ce jeu : on la regarde avec bienveillance, et on vient en parler à son conducteur.
Toutes les pièces de carrosserie, de moteur et d'habillage sont rassemblées sur la page Citroën 2CV, et les références propres à chaque moteur se retrouvent par motorisation.

Le parcours de Julien résume bien l'esprit de la 2CV. Une voiture simple, qu'un passionné peut remettre en route lui-même avec de la patience et quelques outils. Une voiture qui se prête à la personnalisation, tant qu'on reste dans les règles. Et une voiture qui crée du lien : un ami qui déniche des jantes, un père qui aide au transport, un artisan qui élargit des jantes, des inconnus qui sourient au passage.
Pour replacer cette 2CV6 dans la grande histoire du modèle, de la TPV d'avant-guerre aux dernières voitures sorties en 1990, lisez La Citroën 2 CV : icône intemporelle de l'automobile française. Les amateurs de versions rares trouveront leur bonheur dans Les séries limitées de la 2CV.
Vous aussi, vous avez sorti une ancienne d'une grange ou d'un garage ? Racontez-nous son histoire : nous publierons les plus belles avec votre accord.

Harald
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