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New Beetle : la légende est de retour

La New Beetle signe le retour moderne d’une icône. Entre design néo-rétro, héritage de la Coccinelle et innovations issues de la Golf, elle a séduit un nouveau public et marqué la fin des années 1990 par son style unique et émotionnel.

11/02/2026
9 minute(s) de lecture
Volkswagen Volkswagen New Beetle

Pas facile de passer derrière cet icone de l’automobile qu’est la Coccinelle .

La New Beetle ou nouvelle Coccinelle (Scarabée pour les anglais et les allemands) n’est pas une remplaçante de la Cox, mais bien un pur produit marketing de la marque Volkswagen à l’approche de l’an 2000. La New Beetle ne se rapporte pas qu’à une voiture mais aussi à un art de vivre où l’émotion, l’émoi prennent la place de la simple mobilité. Cette nouvelle version de la Coccinelle est en fait une Golf 4 (radicalement) transformée ; elle sera fabriquée en Amérique du Sud jusqu’en 2011, pour partir à la conquête des USA avant de déferler telle une nouvelle vague vers l’Europe.

New Beetle : Américaine avant tout

concept-1-1994

La Coccinelle originelle ayant connu une très belle carrière aux USA, c’est à ce marché en priorité que pense Volkswagen lors de l’élaboration de sa nouvelle « Beetle ».

Dès 1993, le studio de design californien de VW se penche sur ce que pourrait être la suite de la première success story de VW au pays de l’oncle Sam.

La Concept One , le prototype de la New Bi est présenté en janvier 1994 au salon de Detroit.

Destiné à faire le buzz sur le stand VW, ce prototype va servir à prendre la température du marché américain. Et c’est la fièvre ! Ce design moderne reprend la silhouette de la Cox, à savoir une coque arrondie entourée de 4 ailes rondes . Ces formes, décalées pour l’époque, font un tabac au pays des cigarettiers. Salon de Tokyo 1995 : VW y enfonce le clou et la décision de fabriquer ce nouveau modèle est plus qu’entérinée. Le monde entier la veut.

VW décide de fabriquer son scarabée 2 dans une nouvelle usine, à Puebla au Mexique, aux côtés de son aïeule la Coccinelle (la Fusca), qui elle, sortira des chaînes jusqu’en 2003. Le Mexique est tout proche des USA et bénéficie d’une main d’œuvre bon marché. Tout ça prend un peu de temps et finalement les premiers clients sont livrés en mars 1998.

Sur la fin de la même année, les premières versions européennes prennent le bateau vers le vieux continent. L’Europe s’enthousiasme à son tour.

La mode du néo-rétro : l’illustre ancêtre métamorphosée

C’est dans ce contexte que la Nouvelle Coccinelle débarque en Europe. On peut dire que c’est avec elle que VW lance la vague du néo-rétro à grande échelle, sans réelle concurrence à sa sortie.

La New Beetle est une auto contemporaine qui distille un parfum de petite madeleine de Proust. Le néo-rétro est une interprétation moderne d’une icône du passé ; il mêle la nouveauté technologique avec une dose de nostalgie, en réinterprétant un succès d’antan, comme un remix peut redonner vie à une chanson qui jadis eu cartonnée (j’enlève Maître Gims de l’équation).

D’autres constructeurs vont suivre l’exemple de Volkswagen : BMW sortira sa vision de la Mini en 2000, la nouvelle Fiat 500 arrivera bien plus tard en 2007, l’Alpine A110 reprendra du service en 2018.

La New Beetle est une voiture populaire, ce n’est pas une voiture du peuple. Elle vise plutôt la classe moyenne et séduit les femmes qui la plébiscitent comme deuxième voiture du ménage . Pourtant, elle n’est pas des plus pratiques avec son petit coffre, ses places arrière exiguës et difficiles d’accès, sans parler de sa forme en cloche qui fait qu’on a du mal à situer ses roues au moment de la garer. Peu importe … elle est trop « chou ».

Evolution de la New Beetle, en 2 phases

New Beet phase 1

De 1998 à 2004 : la Phase 1

De profil et de loin, vous avez peine à distinguer l’avant de l’arrière. Sa silhouette est d’ailleurs symbolisée par 3 demi-cercles. La New Beetle est tout en arrondi, ses phares couchés rappellent ceux des Cox d’avant 1967 , ses feux arrière ceux des dernières 1200 et 1303, ses bas de caisse ont des allures de marchepieds. Ses petits capots et son toit ronds, ses deux grosses portes, son gros compteur et son petit vase Soliflore, la replongent dans un glorieux passé.

Côté couleurs, aux côtés des classiques gris, noir, blanc et rouge, on retrouve les sixties avec du bleu et du vert clair, de l’orange, du vert métal, du jaune tournesol. Histoire qu’on vous remarque au volant d’un bonbon… si vous assumez votre côté « djeuns » et décalé.

New_Beetle-2005 Phase 2

De 2005 à 2011 : la phase 2

Elle reçoit un petit lifting qui lui retend le sourire, avec des phares légèrement agrandis, en ovale, des clignotants avant plus fins, une nouvelle calandre basse en 3 parties et des boucliers un peu moins arrondis. A l’arrière, ça s’affine également, mais pas de quoi en faire un fromage.

La New Beetle n’est pas exempte de défauts, électriques essentiellement. Côté finitions, elle présente des ajustements et des accastillages indignes de Volkswagen . La gomme qui recouvre les boutons et accessoires se désagrège et devient collante, avec le temps. Tout comme la Golf 4, elle a des problèmes de mécanismes de vitres électriques.

Les trains roulants, les ensembles motopropulseurs étaient fiables et provenaient de la Golf.

New b phase 3

La phase 3 ? La New New Beetle redevient Coccinelle

C’est une toute nouvelle voiture qui sort fin 2011, pour succéder à la New Beetle , jusqu’en 2019.

Concoctée sur la plateforme de la Golf 6, on ne peut pas réellement parler de phase 3. Ce nouveau modèle qu’on pourrait appeler Beetle 2, s’est avéré bien mieux fini que la première. Cette nouvelle version est plus longue, plus large, plus facile à rouler. C’est une … Golf 6. Les possesseurs de Golf 4 qui sont passés à la 6 ont ressenti les changements ; idem pour les New Beetle-istes. Le modèle évolue encore en gamme et les petits défauts de la première génération semblent avoir été gommés ; tant mieux.

Les vedettes de la gamme New Beetle

Pour poursuivre dans la lignée et continuer l’hommage à la Cox, VW sort sa version cabriolet ainsi qu’un concept fou qui a fait beaucoup parler de lui à l’époque, puisqu’il valait le prix de deux Porsche Boxster d’entrée de gamme.

New Bee Cabriolet

La New Beetle cabriolet : on la découvre en 2003

Là encore, le succès est au rendez-vous. Le cabrio et sa capote conservent le bel arrondi du toit ; une fois repliée, la toile fait comme un aileron et vous renvoie direct à son illustre ancêtre élaboré par Karmann.

Elle est disponible en motorisations essence 1.4L, 1.6L, 2.0L et 1.8L Turbo, ainsi qu’en TDi 100 pour ce qui est du « cabriolet Diesel ».

New Bee RSi

La New Beetle RSI : une version bodybuildée avec un V6 24 soupapes de 225 cv

Auto à part et fabriquée en série limitée de 250 exemplaires, cette Super Beetle est surtout un coup marketing destiné à faire couler beaucoup d’encre. Elle reçoit un kit carrosserie digne d’une Porsche 930 Turbo ; la voiture prend 16 cm de plus en largeur de hanches que la version standard. Avec sa livrée argent métal, son intérieur rouge orangé et ses baquets Recaro, la profusion de carbone et d’alu brossé, on pourrait la prendre pour un OVNI (ou plutôt un ORNI). C’est un concept-car de salon homologué, une vitrine exubérante de tout ce que sait faire Volkswagen.

D’origine, elle était équipée de jantes OZ en 18’’, d’un châssis sport et d’une transmission 4Motion, de « big » freins, d’un pot Remus, d’une boîte 6 et surtout du fabuleux VR6 réalésé qui équipera la Golf 4 R32 un an plus tard. A y réfléchir, VW aurait pu (aurait dû ?) pousser ce moulin à 300 cv, histoire de coller avec ce look de voiture de course du championnat DTM. Trop lourde, sous-motorisée et très chère, elle n’aurait probablement pas trouvé une clientèle pérenne si VW n’avait pas limité sa production.

Peut-on remplacer une légende ? Non.

La New Beetle a été la continuité de l’iconique Coccinelle ; un bel hommage marketing en réalité. Son succès commercial est peut-être dû au fait que sa totale originalité est arrivée à point nommé, à une époque où l’œil des automobilistes était aussi dans le rétro. La New Beetle a été et reste une auto coup de cœur qui a trouvé un autre public que son aïeule.

VW retentera-t-il le coup marketing avec une Id-Beetle ?

Quelle est la motorisation la plus fiable sur une New Beetle ?

Toutes les motorisations issues de la Golf 4 s’avèrent fiables. En dehors des pièces d’usure (embrayage, volant moteur amorti, pompe à eau, débitmètres d’air…), il n’y a pas eu de problème notoire.

Les TDi sont à privilégier si vous faîtes de la route, à éviter pour les petits parcours et les arrêts répétés. Les moteur essence consomment un peu plus mais supportent mieux la ville.

Quels moteurs étaient disponibles sur la New Beetle ?
  • Un 1.4L 16s de 75 cv, un peu poussif.
  • Un 1.6L de 100/102 cv, plus à l’aise que son petit frère.
  • Un 1.8L Turbo de 150 cv, le dynamique « 20 valves » (soupapes) qui équipe la G4 et les Audi TT et A3.
  • Un 2.0L essence atmo de 115 cv, coupleux et agréable qui va bien à la New Beetle.
  • Un 2.3L V5 de 170 cv. Là ça commence à envoyer et quelle sonorité !
  • Le 3.2L V6 RSi, un fabuleux bouillant de 225 cv détaillé ci-dessous.
  • Des TDi 1.9L de 90, 100, 105 et 115 cv, vaillants et sobres. « Coccinelle et gasoil », ça fait un peu bizarre comme association, encore plus sur le cabriolet. Il fût une époque où les TDi étaient le fleuron de VW et du coup, on les retrouvait partout.

Quels sont les points à surveiller sur une New Beetle ?

Tout ce qui est plastique démontable ne tient pas dans le temps ; ils vieillissent mal et sont cassants. Les boutons en texture gomme se salissent, deviennent collants et désagréables au toucher. Soyez vigilant si vous en cherchez une ; testez toutes les fonctions électriques et fuyez les exemplaires avec des voyants qui restent allumés au tableau de bord. La New Beetle vieillit moins bien qu’une Golf 4. C’est une auto qui a besoin d’un entretien régulier (factures à l’appui) ; évitez également les versions qui ont une panoplie de propriétaires.

En gros, si vous ne connaissez pas grand-chose en mécanique et que votre budget ne vous permet pas de la confier au garage en cas de panne, passez votre chemin.

Quelle est la New Beetle la plus rare ?

Certainement la série numérotée RSi produite à 250 exemplaires. Son prix de l’époque, ses équipements et son exclusivité la mettent en haut du podium de la plus désirable des New Beetle.