La Saga de la Golf 2 GTI et de ses dérivés
Golf 2 GTI : toutes les versions qui ont marqué l’histoire d’une icône sportive.
Golf 2 GTI : toutes les versions qui ont marqué l’histoire d’une icône sportive.
La Golf 1 GTI était née d’une vision de quelques ingénieurs bien avisés, en mal de performances.
C’est un peu à la manière des « bêtises de Cambrai » que Volkswagen invente la G T I : Grand Tourisme Injection , en 1976. Sans vraiment croire en ce potentiel marché de la compacte sportive, VW en aura vendu près de 500 000.
Vous comprendrez qu’après un tel succès, la deuxième génération de cette mythique Golf aux 3 lettres magiques, était attendue au tournant (ou au freinage), autant par les conquis de la première que par la concurrence qui s’était mise elle aussi, à GTIser.
En carrosserie, la deuxième génération a évolué sans révolutionner, mais la filiation est bien là.
Pour ce qui est du look, la Golf 2 GTI reste fidèle à ce qui fait d’elle une … Golf GTI . On ne change pas une recette gagnante : 4 extensions d’ailes et un spoiler avant en ABS noir, un filet rouge sur le tour de sa calandre, une stature plus basse qu’une Golf 2 classique, les bandes noires de bas de caisse, le tour de hayon arrière noir et les fameux logos GTI, qui signent l’auto comme un artiste signe son œuvre.
Les marques de reconnaissance de la GTI de VW sont également présentes à l’intérieur. Un rapide coup d’œil au centre de la console et vous apercevez la fameuse balle de golf sur le levier de vitesses, les sièges baquets noirs qui reprennent les bandes en dégradé des GTI 1 mais qui sont positionnées dans l’autre sens. Le volant sport à quatre branches provient de la GTI de 1983 et pour le reste … c’est noir.
Sa nouvelle coque lui offre un meilleur CX (0,34 contre 0,40 sur la One) qui lui permet de grimper à 191 km/h en pointe, malgré un surpoids de 50 kg. En 1984, pour une compacte, ce n’est pas mal. Mais le gros défaut de la petite nouvelle, c’est qu’ elle reprend simplement le moteur de la Golf 1 GTI qui vient de quitter la scène : le 1800 à 8 soupapes de 112cv.
La presse crie au scandale, les piqués de la GTI d’avant ruminent d’autant qu’ils attendaient une vraie évolution pour ne pas passer à la concurrence. Présentée avec ce moteur et des jantes en 13’’ (175/70/13) … la livrée ne donne pas l’ivresse. Petite évolution tout de même : les freins à disques font leur apparition sur le train arrière.
Le moteur 1800 de type DX devient EV ; en gros c’est le même moulin sauf que l’injection mécanique BOSCH K-Jetronic (à plateau sonde) est transférée côté passager. L’avantage de ce moteur, c’est qu’il est coupleux, ce qui confère à la voiture un réel agrément de conduite. Cette GTI est une Golf avant tout, elle est bonne à tout faire. La ville et les virages de campagne lui appartiennent.
Ceux qui attendaient plus de watts devront encore patienter un peu. En début d’année 1987, la GTI gagne une calandre à 4 phares et des jantes en tôle de 14’’ (ahh … quand même !).
En Mars 1987, la mécanique de la GTI passe à l’injection électronique et au débitmètre. Le bon vieux 1800 conserve ses 112 cv et gagne en consommation . Au milieu des années 80, l’électronique envahit de plus en plus les autos, pour plus d’efficience et pour gérer automatiquement leurs émissions polluantes. Les français s’en tirent bien et conservent leurs chevaux (cv), alors que les GTI destinées à l’Allemagne et aux USA sortent catalysées et donc dégonflées … dès l’été 1984 !
Le look de la Golf 2 GTI évolue avec l’année modèle 1990 : nouveaux gros boucliers plus enveloppants, antibrouillards intégrés à l’avant, baguettes plus fines et bas de caisse font leur apparition. La 8 soupapes restera inchangée jusqu’à la fin ; elle aura finalement renouvelé son public, les « puristes » étant partis vers les plus puissantes versions 16s et G60.
VW France avait montré la voie avec la très spécifique Golf 1 GTI 1600 à culasse 16 soupapes, commandée en 1982 au préparateur allemand Oettinger. La Golf 1 GTI Oettinger sortait 136 cv pour un poids plume. La GTI 2 avait été accueillie avec déception, sa version 16s allait enthousiasmer les afficionados, dès son apparition, en 1985. Son moteur 1800 KR est rageur, il délivre toute sa puissance à 6 100 tr/min (5 400 sur le 8 soupapes) et propulse la Golf à 208 km/h, de quoi titiller les BMW du segment supérieur. Il faut bien ça pour, avant tout, faire face aux 130 cv de la nouvelle 205 GTI 1.9L .
Son châssis est (encore) abaissé, il reçoit de nouveaux combinés ressorts et amortisseurs, des étriers et des disques plus grands viennent freiner les ardeurs potentielles (disques en 256 mm contre 238 mm sur la 8s) du pilote. En 1990, son look évolue lui aussi, par contre son injection restera mécanique (K-Jet) jusqu’au bout.
Une nouvelle version de la GTI arrive au catalogue en 1990 : c’est la G60. Son nom vient du compresseur volumétrique à spirale mobile, en forme de G (inventé par un français en 1905 !) et de diamètre 60 mm. Ce moteur technologique permet à VW de se démarquer de ses concurrents et de parer à temps la sortie de la 309 GTI 16s (160 cv). Une plus petite version de ce compresseur avait été utilisée avec succès sur la Polo GT G40.
Le moteur G60 développe 160 cv à 5 600 tr/min, son couple fait un bon à 23 mkg et propulse la Golf à 218 km/h. Son compresseur entrainé par le vilebrequin lui apporte une puissance linéaire, disponible de haut en bas, contrairement à un turbo qui lui est creux à bas régime. Cette technique a été employée en premier pour développer la Golf 2 Rallye G60 et la G60 Limited ; issue de la Passat G60 , elle sera également utilisée sur le Corrado G60 .
Pour la freiner correctement, les disques prennent encore en taille et passent à 280 mm.
En mai 1988, dans un style très chic, VW sort une version limitée à 1 200 exemplaires ; elle est noir métallisé. En petits parechocs et chaussée de BBS RA en 15’’ (185/55/15), c’est un modèle richement garni : direction assistée, toit ouvrant, pommeau et volant gainés de cuir, feux arrière teintés etc.
Son futuriste compteur électronique digital Digifiz permet de la distinguer des autres versions en un coup d’œil. C’est un Youngtimer très recherché.
Courant 1990, VW revient en force avec une GTI 2 « gros parechocs » et un équipement des plus riches sur cette édition limitée siglée Wolfsburg Edition : toit ouvrant, glaces arrière chromatées, clignos blancs, feux arrière surteintés, rétros couleur carrosserie et jantes BBS RM démontables en 15 ‘’. Options disponibles : sièges avant RECARO réglables électriquement, climatisation et ABS.
Cette ultime G60 qui vit le jour en 1989, cumule un châssis syncro (4 RM), un moteur G60 et une culasse à 16 soupapes ; c’est un avion de chasse de 210 cv capable d’atteindre 231 km/h. Elle est reconnue comme le « Graal des Golf 2 », d’autant qu’elle n’a été construite qu’à 70 exemplaires, assemblés par le département Motorsport de Volkswagen et disponible uniquement pour le marché allemand.
Cette série limité à 5 000 unités est commercialisée en juin 1989 ; c’est une G60 « mutante » dédiée à porter haut les couleurs de Volkswagen en championnat du monde des rallyes. Elle sera proposée aux clients avant même la « simple » version G60, sur la plateforme Syncro (4 roues motrices).
Dégriffée ? Non, juste « désaccessoirisée » ; on aime à penser que « Cup » se rapporte à la course et aux « coupes GTI » instaurées avec la première. Commercialisée en année modèle 1988, elle coûte environ 8% de moins que la « vraie » GTI et se rapproche du prix de la 205 GTI 1600 .
Avec sa deuxième version de la Golf , Volkswagen devait réinventer son best-seller. Alors que ça semblait mal engagé pour sa nouvelle GTI qui avait pris de l’embonpoint, en oubliant de gagner des chevaux, la firme au loup a su réagir en sortant les crocs avec sa 16 soupapes.
Le défi fut plus que relevé ensuite, avec l’arrivée des versions G60 qui permirent à VW de mener la course (commerciale) en tête. Plus de 600 000 Golf 2 GTI ont été fabriquées .